L’exposition Jean-Michel Basquiat et Egon Schiele à la fondation Louis Vuitton 

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Cette exposition, il faut la vouloir. Une heure trente de file d’attente, dans un froid polaire, pour obtenir le précieux sésame donnant droit à deux expositions en une. 

Commençons par Egon Schiele que j’ai énormément aimé ; une peinture en rupture avec les codes bien-pensants de la société de l’Empire austro-hongrois.  

Dans la Vienne de Freud et des débuts de la psychanalyse, Schiele peint les corps et les désirs. Sa peinture exprime ce qui est, et non ce qui est donné à voir. 

Il sera banni pour cela et condamné pour immoralité publique. Ses tableaux furent brûlés. Il a 22 ans. 

Son autoportrait, debout en gilet au motif de paon, le présente fardé, lèvres dessinées de rouge, le regard tout en défi et mépris. 

Le courant Sécession va desserrer, en parti, grâce à Gustave Klimt l’étau sur sa création. Il s’attaque à l’église mais peint surtout des corps, des attitudes, des nues. Quand on pense que des affiches furent encore censurées à Vienne, il y a peu. La rage de liberté choque encore.

C’est cette même rage que l’on retrouve chez le bouillonnant Jean-Michel Basquiat  

D’abord graffeur du Lower East Side de New-York, puis peintre n’ayant rien perdu de la rue. Sa peinture est un coup de poing. On reste interdit devant tant d’explosivités, de violences, de suggestions...

Ses toiles sont envahies parfois de mots. Il est ainsi un rappeur pictural et mural. 

C’est une flamme, dira-t-on. Il a réchauffé son temps et c’est trop vite éteint, anéanti par la mort de Warhol (ils ont peint ensemble des tableaux communs) et l’excès de drogue. 

Exposition, malheureusement, malgré les prolongations, terminée. Un moment rare entre deux samedis jaunes.