DE LA GAUCHE EN COMMUN AUX NOUVEAUX POSSIBLES - Collection Carte Blanche - éditions Uppr

 

livre edouardo blog

 

 Un groupe « éphémère » mais néanmoins très présent à la direction du Parti socialiste, anciens ou nouveaux secrétaires nationaux, vient de publier une contribution au renouveau du PS. La thèse centrale de l’ouvrage procède d’un constat : la fracture sociale est devenue la fracture de confiance et le nouveau commun est indissociable du nouveau possible. 

Rapporté à la crise des gilets jaunes, on ne peut leur donner tord !

Sébastien Vincini, Anne Pernelle Richardo, Pierre Jouvet, Gulsen Yildrim et Edouardo Rihan-Cypel procèdent d’abord des blessures de la vie avant le perfectionnement de l’Etat.

La méthode est suffisamment anti-macronnienne pour attirer l’attention.  

Mais le livre où la thèse ne s’arrête pas là. Elle vise à revoir le logiciel jacobin. Les auteurs nous disent : « le territoire est l’écosystème des 3 grandes transitions ; numérique, démographique, et écologique ». Mais ils n’en restent pas à un constat girondin bienvenu dans notre désert idéologique.  

Ils veulent s’attaquer aux racines du manque de confiance français. Cette dépression française qui mine toutes les politiques publiques. Pour nos auteurs, la décentralisation et les apports de l’intelligence artificielle permettent de repenser l’action publique comme commun .

Car, comme ils l’écrivent «  la complexité est partout, la confiance est nulle part " et de plaider «  pour une société de confiance décentralisée, écologique, numérique ».

Ce nouveau commun est un nouveau possible pour les citoyens. Lionel Jospin avait tenté d’ouvrir cette voie dans son livre « l’invention du possible ».

Nos auteurs passent d’une formule algébrique à un chemin. L’apport de la pensée situationniste - souvent citée - est assez étonnante pour des socialistes mais, comme toujours, décapante. Elle offre une autre focale pour appréhender nos sujets 

Ce livre, parce qu’ il ne se situe pas dans la vulgate dominante dans la gauche de gouvernement, avec sa technocratie économiste, est bienvenu. 

D’autant, que les auteurs opposent le commun social-humaniste au commun populiste ; le premier repose sur la sublimation individuelle d’une espérance collective, alors que le second promeut l’autoritarisme dans lequel chacun abandonne sa singularité.  

Dans une époque " chinoise ," où la performance économique à plus d’importance que la démocratie, ce rappel théorique est pour le moins bienvenu.

A lire ou plutôt à travailler pour enrichir la renaissance du courant socialiste dans la gauche.