Emmanuel Macron nous fait une rechute

BACHEROT 22 MARS

Il est confronté à deux crises majeures : le Brexit et les émeutes dans Paris. Et, maintenant, il ouvre un nouveau front contre le Sénat (…).

Franchement, ça ne méritait pas que l’exécutif surjoue l’honneur bafoué. Car, de deux choses l’une : soit il n’y a rien dans le rapport et donc le Sénat aura eu tort ; soit il y a quelque chose et le Sénat aura joué son rôle (…).

Qu’aurait-on dit si le Sénat avait décidé de ne pas saisir la justice sur les proches du président alors qu’il y a un doute sur la sincérité de leur propos ? 

Dans le moment que nous traversons, on aurait crié à l’irresponsabilité ; cela aurait alimenté la défiance sur les élites qui se couvrent (…). 

Le président a un souci avec les commissions d’enquêtes parlementaires ; déjà, il avait téléphoné au président du Sénat, lorsque la commission d’enquête avait voulu entendre monsieur Benalla ; il avait pris prétexte des déclarations de monsieur Larrivé pour mettre fin à la commission d’enquête de l’Assemblée. 

Ces commissions sont une avancée. Elles doivent être respectées (…). 

La colère du président s’explique, au-delà de la mise en cause de ses proches, par le fait qu’il n’est plus certains qu’un compromis avec le Sénat pourrait intervenir sur la réforme constitutionnelle.  

Nous rentrons dans une nouvelle étape de la crise. Le référendum à haut risque se profile sur fond de fort mécontentement (…). Tout cela est grave. La crise continue, s’élargit et s’amplifie (…). Les déclarations de monsieur Castaner sont tardives et à contretemps. On se demande pourquoi elles n’ont pas été mise en application plus tôt. Mais, surtout, parce que ce n’est pas ce qui va se passer samedi.  

Il est clair qu’il y aura peu de monde à Paris et les gilets jaunes vont se rassembler en province. J’espère qu’il n’y aura pas de violences. Ce n’est pas sûr mais ce mouvement fonctionne dans ces manifestations comme une guérilla sociale (…).

L’exécutif est isolé et ne fait rien pour construire un rapport de force. 

Le pays a besoin de s’unir et on provoque des querelles artificielles avec le Sénat. Tout est là…

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